Anthony Ohemeng Boamah à la conférence sur le commerce illicite de la faune et de la flore

Apr 27, 2015

Conference Internationale Sur L'exploitation Illegale Et Le Commerce Illicite De La Faune Et De Flore Sauvages En Afrique

Allocution D'ouverture Du Coordonnateur Resident Du Systeme Des Nations Unies, En Republique Du Congo
Brazzaville , Le 27 Avril 2014


Excellence monsieur le ministre,
Honorables députés
Vénérables sénateurs
Chers membres du corps diplomatique,
Chers collègues du Système des Nations Unies
Mesdames et messieurs en vos rangs, grades et qualités

Je voudrais en mon nom propre et à celui de tous mes  collègues, représentants des différentes agences du Système des Nations Unies présentes à travers le monde, notamment en Afrique, en général et singulièrement au Congo, vous témoigner toute la gratitude de l'Organisation des Nations Unies et vous exprimer notre reconnaissance, de nous avoir associé à cet évènement de portée majeure pour l’Afrique et pour la planète toute entière. C’est donc un honneur pour nous et une opportunité d’affirmer clairement le soutien continu des Nations Unies dans la lutte contre le braconnage, l’exploitation illégale et le commerce illicite des produits de la faune et flore sauvages.

Ce commerce odieux représente une source de grande préoccupation pour les Nations Unies et un défi sur les plans du développement, de l’environnement et de la sécurité. Il conduit inexorablement à terme vers l'extinction des espèces vulnérables et menacées, alimente la corruption et les conflits et met en péril des vies humaines et les moyens de subsistance.

Nous encourageons le leadership pris aujourd'hui par le Congo, afin d’organiser cette conférence orientée vers l’action et l’atteinte de résultats tangibles. Nous travaillerons ensemble ces prochains jours à l’élaboration d’une stratégie africaine, qui émergera du continent afin de lutter contre ce fléau qui s’accroit exponentiellement au détriment de l’équilibre de la dynamique de la biodiversité, mais également à celui de l’économie africaine.

Excellence monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs,
Cette stratégie qui, sera, en temps voulu comme nous l’espérons, approuvée par l'Union africaine, guidera et soutiendra les efforts entreprises à l'échelle continentale et nationale par les Etats pour lutter contre le braconnage, l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et la flore sur le moyen et court terme.
En effet, cette proactivité au niveau des Etats, sera la preuve irréfutable face au monde, du sérieux que nous mettrons dans l’application de nos décisions et engagements en vue de la sauvegarde des ressources naturelles et une manière de mettre fin à cette pratique qui pourrait cristalliser les efforts de tout un continent, particulière des pays qui ont axé leur choix sur l’écotourisme comme principal source de développement. 

Il nous a été amené d’estimer au regard des informations remontées par les techniciens sur le terrain, les pertes considérables subies par les cheptels  d'éléphants africains dans les habitats forestiers du bassin du Congo, au profit des braconniers, ainsi que les sites du patrimoine mondial comme la réserve de gibier de Selous en Tanzanie.
Ces drames sont également répertoriés au niveau du commerce incontrôlé de la viande de brousse et la perte des forêts sacrées due à l'exploitation criminelle. Cependant, il ne s’agit pas juste de l’intérêt que l’on porte à telle ou telle espèce d'éléphants, ou plus largement sur les pertes en animaux sauvages de notre milieu naturel, non plus de la seule perte de bois et de celle de nos forêts, mais bien au-delà, il s’agit d’un enjeu de développement humain au regard de l’interaction entre l’homme et son environnement.
Pire encore, des vies humaines sont perdues à chaque fois que nos garde-forestiers affrontent les braconniers et que les communautés rurales se déchirent du fait du braconnage. Le nombre de touristes chutent dans les pays qui ont désespérément besoin de revenus et les économies locales sont profondément affectées. Force est d’admettre que les crimes qui affectent la faune et la forêt équivalent à des actes de pillage de biens publics.

Excellence monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs,
Quoi que cette question soit du ressort des Etats, elle doit également être abordée à l’échelle régionale, tout simplement que, les animaux ne connaissent pas les frontières érigées par les humains, notre expérience avec le projet Trinational Dza, Odzala et Mikembe, familièrement connu sous le diminutif du TRIDOM, entre trois pays de la sous-région le Cameroun le Congo et le Gabon, est riche en enseignement. Ce projet a entre autres, réussi à : i) protéger des corridors transfrontaliers des éléphants entre les trois Etats, ii) mettre en place un système de patrouille transfrontalière, iii) constituer un comité permanent de suivi du contentieux de la faune sauvage, qui permet les poursuites conjointes des braconniers transfrontaliers, en collaboration avec INTERPOL ; iv) et la construction de la base vie des Ecogardes de la TRIDOM, au point d’intersection des frontières des trois pays (en instance de livraison aux Etats Parties)
 
En restant attachée à ses valeurs, l’ONU soutient ces deux approches et se félicite de la détermination des Etats à fédérer leurs efforts autour de l’Union Africaine. L'ONU est prête à poursuivre et à renforcer son appui aux réponses nationales, régionales et internationales de lutte contre les trafiquants illégaux des produits de la biodiversité de la planète.
Notre démarche consiste à s’appuyer sur l’application des instruments internationaux pour éradiquer le phénomène, notamment la Convention des Nations Unies sur la criminalité organisée transnationale (UNTOC) et la Convention sur le trafic International des espèces menacées d'extinction de la flore et faune sauvages (CITES).

Dans notre réponse, nous devons continuer à utiliser les principaux instruments internationaux, pour s'attaquer à ce problème. En particulier la Convention des Nations Unies sur la criminalité organisée transnationale (UNTOC) et la Convention sur le trafic International des espèces menacées d'extinction de la flore et faune sauvages (CITES). Nous devons soutenir la mise en œuvre de la Convention et soutenir le Secrétariat CITES et le travail au niveau national des  autorités de la CITES qui s’occupent de la gestion et de la recherche scientifique dans la lutte contre le trafic.
La République du Congo, comme nous tous, est fermement résolue à lutter contre le trafic illicite et l’exploitation de la faune et de la flore.  

Excellence monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs,
Au sein de l'ONU, nous avons différentes agences spécialisées  et généralistes qui  soutiennent les gouvernements et la société civile ; Il s’agit du Programme des Nations Unies pour Développement (PNUD), le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE), le Bureau des Nations Unies contre les drogues et les Crimes organisés  (ONUDC) et l’Organisation Mondiale pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) entre autres. Ils jouent tous des rôles importants et interdépendants.

Comme vous êtes sans l’ignorer, les nations Unies sont constituées de plusieurs agences spécialisées, intervenant chacune dans un domaine particulier selon son mandant et son avantage comparatif. C’est dans l’unité de cette diversité que nous entendons être présent à vos côtés dans la mise en œuvre des décisions qui découleront de cette conférence. A titre d’illustration :
Le PNUD joue un rôle de coordination et de renforcement des capacités nationales afin d'aider les pays à l'élaboration de stratégies nationales de lutte contre ces crimes sur la faune et un rôle technique et financier par le biais du Fond Mondial pour l'environnement (FEM) en Afrique, où il soutient des projets spécifiques de nature à renforcer les capacités de gestionnaires de parcs nationaux et les gardes forestiers dans la lutte contre le braconnage sur le terrain à travers un programme qui se développe d’avantage.

Le soutien à la justice et aux processus législatifs est au cœur de travail du PNUE et de l'ONUDC. Dans le même ordre d’idées, le contrôle douanier est crucial. l'Organisation mondiale des douanes avec le PNUE, ont lancé l'Initiative de douane verte. Lié à cela, sont les programmes de l'ONUDC sur le contrôle des conteneurs et la lutte contre le blanchiment des capitaux. Une initiative regionale UN-REDD sur le commerce illégal du bois en Afrique de l'est est nouvellement lancée par la FAO, le PNUE et le PNUD. La communication et la sensibilisation pour décourager la demande, sont à la base du travail de nos différentes agences dont le PNUD et le PNUE

Mais beaucoup reste à faire. Nous avons besoin davantage de coopération entre pays qui abritent la ressource, de transit et de consommation. Nous avons besoin davantage de soutien social et de développement d’activités économiques afin de diversifier les moyens de subsistance des populations en précarité qui représentent les maillons fragiles de notre stratégie de lutte contre les trafiquants, d’affiner les modes de gestion des ressources naturelles par les communautés en développant des approches décentralisées et en proposant des alternatives aux revenus issus du commerce des produits de la faune et de la flore. Nous devons mettre davantage l'accent sur la gouvernance et la primauté du droit et pour cela la coopération nationale et régionale est de mise.

Excellence monsieur le ministre,
Mesdames et messieurs,
Certes, nous pouvons y parvenir en travaillant ensemble et en allant au-delà de simples engagements. La cohésion dans la mise en œuvre des activités transfrontalières est un gage important de réussite de notre stratégie. De plus en plus nous voyons des actions sur le terrain et les financements sont disponibles. L'ONU reste ferme dans son engagement à lutter contre le trafic illicite en Afrique.
Pour terminer, nous réitérons notre soutien et saluons aux efforts honorables du Congo, ainsi que des autres pays africains et de l'Union Africaine pris dans leur globalité. Autant nous travaillerons ensemble en mutualisant nos efforts et nos moyens, à travers cette stratégie africaine que nous souhaitons tous de toutes nos forces, autant nous vaincrons le massacre de nos ressources naturelles par des réseaux fortement établis et sans état d’âme. Ce sont nos ressources. Nous devons protéger notre patrimoine commun pour l’avenir des générations futures. Ensemble, nous pouvons arrêter ce commerce ignoble.

Merci pour votre aimable attention

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