Discours de Abdoulaye Mar Dieye lors de la Cérémonie de Restitution post-COP 21 de la Côte d’Ivoire

Apr 7, 2016

Excellence Monsieur le Premier Ministre représentant Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Monsieur le Ministre de l’Environnement et du Développement durable de la Cote d’Ivoire,

Monsieur le Président de la Conférence des ministres africains, Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques,

Mesdames et Messieurs les Ministres de l’Environnement

Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et les Représentants des Organisations internationales,

Mesdames et Messieurs les Représentants du Secteur privé et de la Société civile,

Chers Collègues représentants des Agences du Système des Nations Unies,

Chers amis de la presse,

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

 

Je suis honoré de prendre la parole, à l’occasion de cette cérémonie consacrée à la restitution des résultats de la Conférence mondiale sur le climat, COP 21, et à la préparation de la feuille de route des ministres africains pour la mise en œuvre et le suivi des stratégies nationales « bas carbone ».

À cet égard, permettez-moi de saluer la contribution majeure et déterminante  de notre continent à l’accord-cadre de Paris.

Et il ne pouvait en être autrement.

En effet, dans la cosmogonie africaine, et donc dans notre tréfonds culturel, le respect de l’environnement a valeur de  culte. Et nous avons compris que protéger notre  écosystème c’est aussi vénérer le legs de nos ancêtres et respecter les droits des générations futures.

Nous avons aussi compris que bien conserver et bien gérer notre riche et unique biodiversité est une bonne politique de développement.

C’est au demeurant cet esprit, à la confluence de l’économie et de l’écologie, qui a guidé l’élaboration de la position africaine commune  lors des discussions de Paris ; discussions qui ont  abouti à un accord de référence, équilibré, inclusif et mobilisateur.

L’Accord de Paris est historique à tout point de vue. Il fixe des objectifs ambitieux de maintenir l'élévation des températures moyennes bien en-dessous de 2 degrés Celsius, voire de les limiter à 1,5 degré ; Et il vise à parvenir à la neutralité en matière de gaz à effet de serre dans la seconde moitié de ce siècle.

Mais Paris n’est que le début d’une très longue marche. Les échéances à venir seront cruciales, notamment les négociations intersessions qui se tiendront à Bonn en mai et la COP 22 qui se tiendra à Marrakech en novembre de cette année, où nous adopterons d’importantes décisions d'application de l'accord de Paris.

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais aussi saisir l’opportunité de notre rencontre d’Abidjan, pour saluer l’excellence de la politique environnementale de la Côte d’Ivoire telle que traduite dans sa Contribution Prévue Déterminée au Niveau National (CPDN), ou stratégie « bas carbone »,

La Côte d’Ivoire est un leader de l’économie verte en Afrique de l’Ouest ; elle est le premier pays porteur de projets du mécanisme de développement propre (MDP Kyoto) de l’Union Economique Monétaire Ouest Africaine.

 

Monsieur le Premier Ministre

Mesdames et Messieurs,

 

L’Afrique est face à un défi majeur.

 

D’après les estimations du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), le coût économique du changement climatique en Afrique représenterait actuellement entre 1,5 et 3 % du produit intérieur brut annuel du continent et pourrait même dépasser 5 % en 2030.

 

Les pays africains ne pourront donc réaliser leur ambition légitime de développement que s’ils s’attèlent à promouvoir une émergence « verte » ; émergence fondée sur la valorisation des écosystèmes, la promotion de technologies propres et l’amélioration de la productivité des ressources. L’action pour le climat et le développement durable doit être une constante dans la planification et la mise en œuvre des politiques publiques.

 

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Distingués invités,

 

Le financement du développement durable reste encore une gageure.

Il nous faudra faire preuve de beaucoup d'audace et  de créativité, et forger des partenariats stratégiques pour  financer l'énergie propre, l’accès à l’eau,  la reforestation, la gestion durables des terres, l’exploitation minières responsable, les emplois verts, l’assainissement ou la gestion des déchets ;  et ce, en mobilisant des ressources issues tant du secteur public que du secteur privé.

À cet égard, la lutte contre le changement climatique devrait tirer parti de la réflexion plus générale sur l’efficacité de l’aide et le partenariat mondial au moment où se met en place le Fonds vert pour le climat dont la dotation a atteint près de 75 milliards à fin octobre 2015 sur un objectif affiché de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020. L’enjeu est d’assurer une mobilisation ambitieuse et réelle et une absorption effective et rapide de ressources financières pour l’exécution des programmes de développement durable.

 

Je voudrais ici  rapeler que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) figure parmi les 7 premières entités accréditées, depuis mai 2015, en tant qu’agence d’exécution du Fonds vert pour le climat.

 

Par ailleurs, le PNUD s’est engagé à accompagner l’Afrique dans l’action de plaidoyer et de promotion des partenariats pour une réponse appropriée en faveur de l’adaptation au changement climatique. En effet, en Afrique, nous avons investi plus de 610 millions de dollars ces 4 dernières années dans 41 pays pour soutenir la transition vers un développement durable à plus faibles émissions et renforcer la résilience aux impacts du changement climatique.

 

Monsieur le Premier ministre,

Mesdames et Messieurs les ministres,

Distingués invités,

 

Après Paris, la première action de notre engagement collectif envers la Planète sera la cérémonie de signature à New York le 22 avril prochain, à l’invitation du Secrétaire général des Nations Unies. Je voudrais exhorter tous les pays africains à se faire représenter au plus haut niveau et surtout à engager leur procédure nationale de ratification. L’Afrique a été forte et ambitieuse à la COP et nous nous devons de maintenir voire d’amplifier cet élan.

 

Nous avons les moyens de limiter le changement climatique et de construire un avenir meilleur. Pour cela, il nous faut continuer d’anticiper, de prévenir et de miser sur la durabilité tout en veillant à promouvoir et à respecter les engagements mutuels auxquels nous avons souscrits.

 

Je souhaite plein succès à notre Cérémonie ; et je  vous remercie.

 

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