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L’Afrique, une longueur d’avance dans la mise en œuvre des Objectifs mondiaux

Grâce à l’Agenda 2063, qui a déjà défini les priorités en matière de développement du continent pour les 50 prochaines années, les pays africains devraient parvenir à intégrer plus facilement les ODD dans leurs programmes nationaux de développement.

L’adoption du Programme de développement durable pour 2030, le 25 septembre 2015, marque le début d’une mission délicate : traduire en actes ces nouveaux engagements.

Ces objectifs de développement durable (ODD), à la fois ambitieux et véritablement porteurs de transformation, orienteront le programme d’action mondial en matière de développement au cours des 15 prochaines années.

À l’échelle locale, leur mise en œuvre ne va toutefois pas sans dilemmes, car elle nécessite des adaptations au contexte de chaque pays et chaque région.

Les ODD, constitués de 17 objectifs et 169 cibles, témoignent de l’ampleur et de l’ambition de ce nouveau programme de développement, mis en œuvre à l’échelle mondiale et non plus seulement dans les pays en développement. Leur vocation est de lever, au sein de l’économie mondiale, les obstacles systémiques et structurels au développement.

Leur mise en application pose un immense problème de coordination, dans la mesure où la pertinence de chaque objectif varie d’un pays et d’une région à l’autre, en fonction des priorités de développement et des défis rencontrés.

Mais grâce à l’Agenda 2063, un Plan d’action adopté par l’ensemble des membres de l’Union africaine qui a déjà défini les priorités en matière de développement du continent pour les 50 prochaines années, les pays africains ont une longueur d’avance et devraient parvenir à intégrer plus facilement les ODD dans leurs programmes nationaux de développement.

Ces priorités communes, qui bénéficient de l’adhésion des plus hauts dirigeants politiques, pourraient permettre de répondre aux défis auxquels le continent est confronté de manière intégrée.

S’il est permis de s’interroger sur l’opportunité d’une mise en œuvre simultanée ou par étapes de ces 17 objectifs, il faudra tenir compte des difficultés pratiques et mobiliser des ressources et des capacités importantes pour assurer leur réalisation d’ici 2030.

Comme bon nombre de ces objectifs se recoupent, ils ne sauraient être traités isolément. Leurs interactions doivent être identifiées et mises en relief dès le départ pour favoriser l’effet multiplicateur et transversal des interventions, mais aussi pour garantir la cohérence des objectifs sur le plan interne.

Il est essentiel de les hiérarchiser en conséquence, non seulement parce qu’il s’agit d’une méthode judicieuse et efficace pour les mettre en œuvre, mais aussi pour renforcer les synergies entre les objectifs, les acteurs et les ressources. Chaque pays devra, dans ses programmes à court et moyen terme, effectuer des choix stratégiques sur les objectifs à privilégier, sans pour autant négliger les autres.

S’agissant des ODD qui se recoupent, une méthode de planification structurée en cycles quinquennaux constituerait sans doute une solution crédible. En outre, il faudra pouvoir compter sur des systèmes de suivi robustes et disposer de données permettant d’évaluer les progrès accomplis.

La mise en œuvre des ODD est une entreprise colossale, qui requiert l’intervention d’une vaste coalition d’acteurs, y compris des organisations de la société civile, du secteur privé, et des organisations philanthropiques et multilatérales, sous la direction active des autorités nationales.

L’effort sera de longue haleine, car il reste beaucoup de chemin à parcourir.

Abdoulaye Mar Dieye Blog blog series Programme de développement pour l’après-2015 Management