Un certain nombre de pays ont réussi à bénéficier de fonds à grande échelle accordés par des mécanismes multilatéraux mondiaux tels que le Fonds vert pour le climat. Photo : PNUD Zimbabwe


Alors que les décideurs africains et les représentants du secteur privé se réunissent dans le cadre de la Semaine africaine du climat 2019, qui se tient du 18 au 22 mars à Accra, au Ghana, la question du financement des engagements des pays en matière de lutte contre le changement climatique au titre de l’Accord de Paris sera sans aucun doute l’une des priorités à l’ordre du jour des rencontres.

Au cours de cet événement d’une semaine, le Ghana organise un forum sur l'investissement (en anglais) consacré à la dynamisation des investissements du secteur privé, à l’élaboration de politiques efficaces et à la réduction des risques et des obstacles qui entravent les investissements en faveur d’un développement compatible avec l’objectif de lutte contre le changement climatique.

Au cours des dernières années, le Ghana, pays hôte de la manifestation, a donné l’exemple en créant un environnement propice à la participation du secteur privé dans la planification et la mise en œuvre d’interventions en faveur du climat. Après avoir conçu des schémas de réduction des émissions pour la réfrigération, la cuisson et l’éclairage par le recours à des réfrigérateurs écoénergétiques et à des appareils de cuisson d’éclairage faisant appel à une source d’énergie propre, le Ghana a mis au point un Guide de l'investisseur (en anglais) destiné à attirer les financements du secteur privé en faveur d’un développement à faible émission de carbone.

Les efforts visant à rendre le climat des affaires au Ghana compétitif, transparent et responsable incluent à la fois des réformes politiques et des instruments financiers gérés par le Gouvernement, tels que des garanties d’État totales ou partielles, des titres d’emprunt et des options sur actions, des régimes d’imposition et d’assurance appropriés, le financement d’équipements et de concessions ainsi qu’un accès garanti au réseau.

Le Ghana s’est également attelé à rechercher des approches de financement innovantes, telles que le développement de « produits écologiques immédiatement commercialisables » et à mettre en place un fonds pour la croissance verte qui sera renfloué à l’aide des recettes issues des échanges de crédits résultant de projets de réduction des émissions de gaz à effet de serre, afin de financer d’autres projets d’adaptation au changement climatique et de développement durable.

Partout en Afrique, des expérimentations en matière de financement innovant sont en cours, telles que celles portant sur le financement participatif affecté au développement d’énergies propres en Ouganda ou le financement des émissions d’obligations vertes au Nigéria.

Un certain nombre de pays ont également réussi à bénéficier de fonds à grande échelle accordés par des mécanismes multilatéraux mondiaux tels que le Fonds vert pour le climat. À titre d’exemple, le Maroc met en œuvre un projet de 40 millions de dollars US destiné à prévenir la dégradation de l’environnement due à la production de l’huile d’argan tandis que la Zambie aide ses agriculteurs à s’adapter au changement climatique.

Et pourtant, alors que les pays du continent tentent avec acharnement de lutter contre le changement climatique, l’accès au financement de l’action climatique à grande échelle demeure l’un des plus importants défis à relever. Une récente étude réalisée pour la Semaine africaine du climat a révélé que plus de la moitié des pays participants rencontraient des difficultés pour mobiliser des financements internationaux et nationaux en faveur de la lutte contre le changement climatique, que moins d’un quart d’entre eux disposaient d’une stratégie de financement opérationnelle et qu’un tiers seulement avait mis en place des instruments financiers consacrés à cette action. Et pourtant, les deux tiers des pays ont commencé à mettre en œuvre leurs contributions déterminées au niveau national (CDN) et environ 80 % d’entre eux se sont d’ores et déjà dotés de mesures d’atténuation et d’adaptation en vue de réaliser les CDN.

Obstacles à l’accès au financement de l’action climatique

Parmi les principaux obstacles au financement de l’action climatique, citons les raisons suivantes :

  • l’absence de politiques et de cadres réglementaires clairement définis portant sur le changement climatique ou, si de telles politiques existent, elles ne sont pas pleinement mises en œuvre ;
  • l’insuffisance du financement alloué à l’action climatique au titre des lignes budgétaires nationales ;
  • la faible capacité des gouvernements à se conformer aux exigences, aux normes et aux procédures imposées par les sources de financement, à élaborer des projets fiables et à absorber les fonds par le biais de processus bureaucratiques ;
  •  la méconnaissance des différentes sources de financement de l’action climatique et l’engagement limité des parties prenantes, notamment dans le secteur privé ;
  • les approches cloisonnées en raison de la perception du changement climatique comme étant un enjeu lié à l’environnement et non comme une préoccupation touchant au développement, ce qui entrave le recours à des solutions et des sources de financement multifonctionnelles.

Comment surmonter les obstacles au financement de l’action climatique ?

Il est possible de recourir aux solutions suivantes qui ont jusqu’à présent émergé :

- Les pays doivent considérer le changement climatique comme une question de développement et en tenir compte systématiquement dans leurs stratégies et leurs politiques de développement afin de promouvoir un développement à faible émission de carbone, l’efficacité dans l’utilisation des ressources et le renforcement de la résilience face au changement climatique. Les plans et les projets d’investissement créés avec l’aide des partenaires de développement devraient être fondés sur les engagements des pays en matière de lutte contre le changement climatique.

  • Les partenaires de développement et la communauté internationale devraient promouvoir le renforcement des capacités des institutions régionales africaines pour un meilleur accès au financement de l’action climatique. Les interactions entre les financements multilatéraux et nationaux affectés à la lutte contre le changement climatique dans le contexte de l’Accord de Paris prennent de plus en plus d’importance pour remédier au manque de fonds. Il est donc nécessaire que les pays africains surmontent les obstacles au financement en renforçant les synergies entre les sources de financement internationales et nationales.
  •  Il convient d’accroître les financements publics et d’attirer les investissements du secteur privé peu sensibles au changement climatique par la mise en place d’un cadre politique et réglementaire amélioré et l’instauration de mécanismes basés sur le marché, afin d’enclencher des mesures d’incitation à l’investissement du secteur privé dans les actions d’atténuation.
  •  La coopération régionale, transfrontalière et multi-pays doit être encouragée à l’échelle de l’Afrique pour toutes les questions liées au changement climatique selon une approche plus harmonisée et intégrée.
  •  Les gouvernements africains devraient également envisager des approches innovantes en matière de financement de l’action climatique, qui permettraient de mobiliser les capitaux et d’alléger les coûts des mesures d’atténuation en exploitant la dynamique concurrentielle au sein du secteur privé pour démultiplier la capacité d’investissement dans la lutte contre le changement climatique.
  • Il importe de mettre en place un mécanisme susceptible de canaliser les opportunités de financement de l’action climatique vers les villes et les acteurs locaux afin de toucher un plus grand nombre de personnes et d’induire un plus grand impact en termes de lutte contre le changement climatique et de réduction de la pauvreté.

Les pays africains ont engagé des mesures visant à soutenir le développement à faible émission de carbone et le développement résilient au changement climatique à travers des financements nationaux renforcés par des réallocations budgétaires et par la création de fonds nationaux pour le climat et l’établissement de partenariats avec le secteur privé local, la société civile et les autorités locales. De nombreux pays africains cherchent également à améliorer l’accès aux sources internationales de financement de l’action climatique, comme le Fonds vert pour le climat qui a attribué la moitié de son portefeuille mondial de 4,6 milliards de dollars à des projets de lutte contre le changement climatique en Afrique.

La question de savoir comment mieux tirer parti du financement par le secteur privé provenant de la finance carbone et des mécanismes fondés sur le marché trouvera une réponse lors des prochaines négociations sur le climat (COP25), qui auront lieu au Chili plus tard cette année. Cependant, d’un point de vue régional, le gros du travail commencera à Accra cette semaine où nous aurons l’occasion de montrer au monde que les investisseurs privés peuvent être sensibles à l’argument commercial les incitant à s’engager dans la lutte contre le changement climatique.

 

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