Prévenir l’extrémisme violent : 65 théologiens d’Afrique de l’ouest et centrale se mobilisent

3 févr. 2017

Quelque 65 théologiens musulmans d’Afrique l’Ouest et du Centre se mobilisent pour faire face à la menace de l’extrémisme violent et préconisent, entre autres, une gestion plus transparente des lieux de culte, la participation des femmes et des jeunes aux processus de prise de décision et un meilleur travail de communication.

Cette initiative s’inspire des recommandations de la Déclaration d’Abuja sur la lutte et la prévention de l’extrémisme violent adoptée à l’issue d’une conférence des dignitaires traditionnels et religieux dans la capital nigériane le 17 et 18 octobre 2016.

Le Sultan de Sokoto et le  Président du Conseil suprême pour les Affaires islamiques, El Hadj Muhammadu Sa’ad Abubakar, avaient présidé cette rencontre organisée à l’initiative du Corps de la paix interconfessionnel international et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD),  sous l’égide de la Fondation Sultan pour la paix et le développement, en présence de participants du Cameroun, de la République centrafricaine, du Tchad, de la Mauritanie, du Niger, du Nigeria et du Sénégal.

Selon les leaders traditionnels et religieux extrémisme et radicalisation sont les produits de l’ignorance et d’une méconnaissance de la région ; de la négligence des communautés marginalisées, de la précarité économique et de l’instabilité politique, et de la stigmatisation réelle ou supposée d'individus et de communautés.

Partisans d’une amélioration de l’instruction religieuse, de la formation des imams à l’utilisation des médias et de l’adoption d’un programme d’action sociale qui motive la jeunesse, Les leaders traditionnels et religieux ont décidé d’établir un réseau régional pour faciliter l’échange d’information, notamment en matière de résilience des communautés et des institutions  en vue de leur proposer des outils pour identifier des signes avant-coureurs de radicalisation.

« Les leaders religieux doivent être entre première ligne du combat contre l’extrémisme violent » a déclaré le Coordonnateur du programme régional du PNUD Afrique, Mohamed Yahya

La rencontre d’Abuja s’inscrit dans cadre d’un effort plus large du PNUD en vue de prévenir et combattre l’extrémisme violent en Afrique grâce à des solutions basées sur le développement.

Lancée en novembre 2015, l’initiative régionale dotée de 81,2 millions de dollars et d’une durée de quatre ans vise à identifier en amont les causes profondes de l’extrémisme violent dans la région et plusieurs pays – ceux qui sont directement touchés, tels que le Nigéria, le Kenya, le Mali et la Somalie et ceux qui qui en subissent les répercussions tels que le Cameroun et le Chad.

Le programme a déjà reçu des contributions financières du Japon, des Pays-Bas, de la Suède et du Royaume-Uni. Une rencontre similaire portant l’Afrique orientale et australe est prévue au mois d’avril 2017.