Éradiquer la corruption pour faciliter le développement durable

17 févr. 2017

Intervenant lors du débat (de g. à d), M. Ozonnia Ojielo, Chantal Uwimana de Transparency International, et Ayodele Odusola. Photo: PNUD

La lutte contre les flux financiers illicites, la formation des compétences au sein des administrations publiques et la promotion des partenariats avec le secteur privé sont autant d’initiatives qui pourraient être mises en œuvre dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Voici quelques-unes des pistes des proposées par les membres d’un panel de discussion lors de septième édition du Forum de politiques Maendeleo à Addis-Abeba, dont le thème portait était intitulé : « La Corruption comme obstacle à la mise en œuvre des ODD : que doit faire l’Afrique ? » Le débat a permis aux experts en matière prévention de la  corruption de fournir des éléments de référence utiles et des éclairages sur les expériences de plusieurs africains.

Le forum, animé par M. Ozonnia Ojielo, était organisé par le Centre de services régional du PNUD en Afrique. Parmi les intervenants on peut citer Mme Chantal Uwimana de Transparency International et M. Ayodele Odusola, Economiste principal et Chef de l’Unité stratégie et analyse du PNUD Afrique.

“Pour réaliser les ODD, nous devons lutter contre la corruption en nous appuyant non seulement sur les contrats sociaux avec les gouvernements, mais également avec plusieurs acteurs sociaux qui ont divers rôles et responsabilités. » a déclaré M. Odusola.

Les Nations Unies ont présenté une feuille de route couvrant une gamme allant des partenariats globaux au financement qui permettrait de concrétiser la réalisation des ODD. Ce document insiste sur le fait que les structures et institutions pour une gouvernance efficace et des partenariats solides pourraient renforcer ces efforts. L’argument clé de l’ODD 16 est que la lutte contre la corruption est au cœur de tous nos efforts en vue de faciliter l’avènement d’un monde meilleur.

La bonne gouvernance repose sur l’État de droit et le principes de participation, de redevabilité, de transparence, d’efficacité et d’efficience – autant de piliers garants d’un système respectueux des intérêts de ceux et celles qu’il est censé servir.

C’est donc dire que qu’elle est l’élément clé de la croissance,  comme confirment également  des recherches sur la place qu’elle occupe dans la  réussite des pays développés.

Pour l’Afrique sub-saharienne, ceci prend toute son importance au vue de l’agenda post-2015. Cette région est la traîne en termes des progrès en vue des OMD, précurseurs des ODD. Il lui faudra donc résoudre son problème de gouvernance et réduire le niveau de corruption pour que les ODD y deviennent une réalité. Déjà, le coût de mise en œuvre des ODD se chiffre en milliers de milliards de dollars, et selon le plan de financement de lu programme de développement pour l’après-2015, on attend des pays africains devront lever les fonds nécessaires dans un contexte de diminution de l’aide. Ceci demandera des systèmes économiques transparents.

La corruption constitue un obstacle et fait augmenter le coût de prestation de services.  Faible niveau de compétences et diminution de l’aide sont à la source de manque de financement pour la mise en œuvre des ODD.

Notons par ailleurs, que selon le rapport de l’Union africaine sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique estime que 50 milliards de dollars quittent le continent chaque année par des voies illicites. Aujourd’hui selon l’OCDE, le monde compte 48 Pays moins avancés (PMA), qui représentent 13% de la population mondiale et environ 35% de la pauvreté extrême. Plus des deux tiers des PMA se trouvent en Afrique sub-saharienne.

La capacité des PMA à lever les fonds nécessaires aux ODD est limitée car ils sont dans une large mesure tributaires de l’aide. Malgré un niveau d’aide au développement globalement élevé, la part allant aux PMA a subi une baisse. Selon les derniers chiffres de l’OCDE, on constate une baisse d’ensemble de l’aide en vue des ODD, qui serait passée de 46 milliards en 2010 à 38 milliards en 2014.

Les ODD nécessiteront des investissements sans précédents dont le gros concernera les secteurs suivants : (1) santé, (2) éducation, (3) protection sociale, (4) sécurité alimentaire et agriculture durable, (5) infrastructures d’accès à l’énergie et infrastructures à faible émission en carbone, (6)  services de protection des écosystèmes et de la biodiversité, (7) données pour les ODD, interventions d’urgence et action humanitaire.