Un supplément de 59 millions d’euros pour renforcer la lutte contre le paludisme au Tchad

10 mars 2016

Les 400 000 réfugiés et rapatriés de l’Est et du sud du pays font partie des groupes les plus vulnérables. Photo: PNUD au Tchad

N’Djamena, Tchad – Le PNUD et le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme (le Fonds mondial) ont signé un nouvel accord de financement à hauteur de 59 millions d’euros.

Cette subvention, qui vise principalement les jeunes enfants, les femmes enceintes, les nomades et les réfugiés, permettra d’ouvrir des sites de soins de santé communautaires au Tchad et d’intensifier la prévention et le traitement du paludisme, principale cause de morbidité et de mortalité dans le pays.

Ce nouvel accord de financement courra jusqu’en juin 2018, en partenariat avec le Gouvernement du Tchad, l’UNICEF, et des organisations nationales et internationales de la société civile, dont World Vision.

Le paludisme représente une sérieuse menace pour la santé publique au Tchad, car plus de 97 % de ses 12,8 millions d’habitants risquent de l’attraper. Les enfants de moins de cinq ans comptaient pour plus de 43 % des 1,27 millions de cas recensés l’an dernier et les femmes enceintes pour 8 %.

La subvention appuie les Objectifs mondiaux de développement durable adoptés récemment, qui visent, entre autres cibles, à mettre un terme aux décès évitables de nouveau-nés et d’enfants de moins de cinq ans et à stopper l’épidémie de paludisme d’ici 2030.

La nouvelle subvention du Fonds mondial permettra la prévention saisonnière du paludisme chez les femmes enceintes, l’administration de cycles complets de médicaments anti-paludisme aux enfants pendant la saison de transmission maximale et la réduction du temps nécessaire pour commencer le traitement.

Une importante campagne de distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée viendra compléter les distributions de routine.

De nouveaux centres de soin communautaires amélioreront l’accès aux traitements et aux soins, en particulier dans les zones géographiquement éloignées. Actuellement, la distance moyenne entre un village et un centre de santé est de 19 kilomètres, beaucoup trop pour pouvoir se faire soigner à temps.

La subvention renforcera et développera les approches existantes afin de répondre au contexte difficile et volatile posé par le conflit dans le nord du Nigeria et la crise qui s’ensuit dans la région du lac Tchad.

En ce moment, le Fonds mondial s’intéresse davantage aux « environnements opérationnels difficiles » et adapte ses méthodes pour garantir un impact maximum et pour atteindre des populations clés dans des contextes marqués par les catastrophes naturelles, les conflits armés, ainsi que les problèmes d’infrastructure ou de gouvernance.

« Le paludisme nuit à tous les efforts en matière de développement humain. C’est pourquoi le PNUD tient à alléger le fardeau que cette maladie représente pour le Tchad, son système sanitaire et ses communautés. Le nouveau programme s’inspirera des expériences passées et se focalisera sur les populations les plus vulnérables et les zones à haut risque. Il impliquera les communautés dans la lutte contre le paludisme, ce qui est aussi une bonne façon de renforcer leur résilience », explique Samir Bouzid, Coordonnateur de projet du PNUD.

Les nomades, les pêcheurs et les insulaires du lac Tchad sont très exposés au paludisme, de même que les 400 000 réfugiés et rapatriés de l’Est et du sud du pays, n’ayant pas facilement accès aux cliniques et aux professionnels de la santé.

Des facteurs environnementaux, comme les précipitations abondantes ou les rizières locales contribuent aussi à l’épidémie de paludisme, en créant des conditions favorables pour le développement des larves.

La subvention renforcera les initiatives du ministère de la Santé publique, de l’action sociale et de la solidarité nationale qui, ces 6 dernières années, a lancé plusieurs projets destinés à offrir des soins d’urgence gratuits aux groupes nomades et des programmes supplémentaires aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans.

Outre des tests permettant un diagnostic rapide et sûr de la maladie, le gouvernement a introduit les médicaments antipaludiques les plus efficaces pour les patients ayant besoin d’un traitement. Depuis 2011, des programmes gérés par le PNUD dans le pays ont permis de soigner annuellement près de deux millions de cas de paludisme et de distribuer 4,2 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide.

« La subvention pour le paludisme a bien repris et la gestion du risque s’est améliorée. Même si certains partenaires éprouvaient des doutes au début, les premiers résultats sont appréciables et démontrent les bonnes performances du PNUD dans des circonstances difficiles et peu favorables », estime le gestionnaire du Programme national de contrôle du paludisme, Clément Kerah Hinzoumbé.

Contacts

Tchad: Dr. Mangodi Nguealbaye,  mangodi.nguealbaye@undp.org  Tel +235 63661386+235 63661386

New York: Sangita Khadka, Spécialiste en Communications, sangita.khadka@undp.org Tel: +1 212 906 5043+1 212 906 5043