Conférence des Bailleurs et Investisseurs pour Madagascar : les partenaires promettent un soutien à hauteur de 6,4 milliards de dollars

2 déc. 2016

Paris, 2 Décembre 2016 – La Conférence des Bailleurs et Investisseurs pour Madagascar s’est clôturée aujourd’hui à l’UNESCO à Paris, après deux jours d’échanges intenses entre les membres du Gouvernement, les partenaires bilatéraux et multilatéraux, et les nombreux représentants du secteur privé afin d’ouvrir des opportunités pour un futur meilleur pour tous les Malgaches.

« Je n’ai qu’une ambition pour mon pays : réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie de mes compatriotes. Cette ambition, je l’ai fondée sur notre adhésion totale au défi de l’atteinte des Objectifs de Développement Durable que nous nous sommes fixés ensemble, mais aussi sur la vision claire de l’avenir que nous voulions donner à notre pays: celle d’un Madagascar moderne et prospère. Cette vision a été traduite dans le Plan National de Développement », a annoncé le Président de la République, M. Hery Rajaonarimampianina à l’ouverture de la Conférence.

Le Gouvernement a présenté une stratégie de réformes et un programme d’investissements clairs, cherchant à promouvoir une croissance inclusive et durable. Les investissements prioritaires cherchent à faciliter le développement durable de secteurs générateurs d’emplois et de revenus pour un grand nombre de Malgaches – tels que l’agriculture et l’agro-industrie, le tourisme, les activités extractives et le secteur manufacturier. Par exemple, les investissements routiers viendraient désenclaver des zones agricoles à fort potentiel et permettraient donc à un plus grand nombre de paysans d’accéder aux marchés. De plus, le Gouvernement veut investir dans le développement humain de tous les Malgaches en renforçant la qualité des services d’éducation et de santé de base, en réduisant la malnutrition, en augmentant l’accès à l’eau potable, et en soutenant les plus vulnérables via un programme de filet de sécurité sociale.

Tout au long de la Conférence, le Gouvernement a réaffirmé son engagement à poursuivre les efforts de bonne gestion des finances publiques, de bonne gouvernance, la mise en œuvre de profondes réformes dans tous les secteurs du domaine public ainsi qu’une ferme volonté de lutter contre la corruption à tous les niveaux.

Sensibles aux besoins du peuple malgache, les partenaires bilatéraux et multilatéraux ont confirmé leur volonté de renforcer leur appui au développement inclusif de Madagascar en travaillant avec le Gouvernement, la société civile et le secteur privé. Ils ont noté que suite aux cinq années de crise politique qui a aggravé la vulnérabilité de la population, Madagascar renoue progressivement avec la croissance grâce à une plus grande stabilité politique, un cadre macroéconomique sain et des politiques sectorielles bien ciblées.

Les partenaires se sont engagés á soutenir Madagascar pour un montant total de 6,4 milliards de dollars pour une période de quatre ans.

Certains de ces engagements se sont immédiatement concrétisés avec la signature d’accords de financement entre le Ministère des Finances et du Budget, la Banque africaine de développement et la Banque mondiale. Pour répondre à la sécheresse dans le Sud du pays, un don de 1 million de dollars US en urgence été débloqué par la Banque africaine de développement; la Banque mondiale a annoncé un don de $35 millions pour permettre à l’Etat de développer un programme de transferts monétaires d’urgence pour les familles les plus vulnérables dans les cinq districts les plus affectés par la sécheresse. Deux accords supplémentaires matérialisent l’appui budgétaire pour les réformes engagées par le Gouvernement dans la gestion des finances publiques et le secteur énergie (prêt concessionnel de $19 millions de la Banque africaine de développement et don de $65 millions de la Banque mondiale).  

Pour leur part, les investisseurs privés ont pu échanger avec la délégation Malgache sur les opportunités d’investissement, le climat des affaires, et le cadre réglementaire – y compris pour les Partenariats Publics-Privés. De même, des discussions avec le secteur privé ont été menées autour des secteurs porteurs tels que l’agro-industrie, les mines et les hydrocarbures, le tourisme, le secteur financier, et le secteur des technologies de l’information. A l’issue de la Conférence, les investissements annoncés par le secteur privé présent s’élèvent à près de 3,3 milliards de dollars.

L’organisation de la conférence s’est faite avec l’appui de la Banque africaine de développement, le Groupe de la Banque Mondiale, et le Programme des Nations Unies pour le Développement.

 

Citations

M. Akinwumi Adesina, Président de la Banque africaine de développement : «Cette conférence offre une perspective pour combler le gap entre le potentiel de Madagascar et sa mise en valeur, telle que déclinée par le Plan National de Développement. C’est l’occasion pour nous partenaires et investisseurs, de fédérer nos énergies pour accompagner vigoureusement la mise en œuvre du Plan National de Développement

M. Mark Lundell, Country Director pour Madagascar, Seychelles et Mozambique de la Banque mondiale: « Madagascar se relève d'une longue crise politique, économique et sociale et peut maintenant se focaliser sur la mise en œuvre de réformes en profondeur et d’investissements à long terme. Seuls ceux-ci peuvent transformer le pays et assurer que toute la population malgache participe à cette croissance. »

M. Abdoulaye Mar Dieye, Directeur Régional, Bureau du PNUD pour l’Afrique : « Madagascar a entamé un ensemble de réformes économiques, politiques et institutionnelles de grande ampleur. La réussite de la stratégie de développement du pays telle que déclinée dans le PND requerra la poursuite et l’intensification de ces réformes. L’Océan indien, et je dirais l’Afrique toute entière, a besoin d’un Madagascar prospère et stable. L’addition de nos déterminations et de nos moyens d’action engendrera des dynamiques positives pour y parvenir. »

Madame Michaelle Jean, Secrétaire Générale de l’OIF : « Madagascar nous demande de croire en ses possibilités, de miser sur toutes ses potentialités, de nous associer à l’État et à la population malgache dans tous les efforts engagés pour lutter contre l’extrême pauvreté, toutes les initiatives pour stimuler de façon viable la croissance et pour bien ancrer le développement humain et économique, de manière durable, juste et inclusive. Les Malgaches attendent que la restauration de l’ordre légal se traduise aussi par une amélioration de leurs conditions et de leur qualité de vie, en matière d’éducation, de professionnalisation, de politiques sociales, sanitaires, économiques et environnementales, de reconnaissance et de renforcement de leurs capacités et de leurs compétences. »

Oumar Seydi, Directeur régional pour l'IFC : « Les progrès constatés à Madagascar sont prometteurs et génèrent un regain d'intérêt des investisseurs. IFC s'engage à soutenir les investissements qui contribueront le plus au développement inclusif et durable du pays, en particulier dans les secteurs de l'agro-industrie, l'infrastructure, particulièrement les énergies renouvelables et les transports, et la finance »

Noro Randriamamonjiarison, Présidente du Groupement des Entreprises de Madagascar : « Nous sommes convaincus que l'investissement étranger est la voie qui mène vers le développement. Nous avons besoin de partenaires, de compétence, de savoir-faire. Nous avons des problèmes d'infrastructures, d'énergie et de transports. Mais nos insuffisances sont autant de potentiels. »

Patrick Lucas, vice-président de MEDEF International : « Cette réunion est une occasion supplémentaire pour donner une relance économique à Madagascar pour lequel nous avons une affection particulière. Les opportunités à Madagascar ne manquent pas. »