Le Tchad marque la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2017 par une campagne de distribution de moustiquaires dans les zones éloignées et à haut risque

25 avr. 2017

Ndjamena, le 25 Avril 2017 — Au Tchad, près de 13 millions de personnes, vivant notamment dans des régions les plus difficiles d’accès et en proie aux conflits, ont reçu des moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée d’action (MILDA). Les distributions ont commencé en janvier, sous l’égide du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et ses partenaires sur le terrain. L’objectif de cette campagne est d’assurer la protection des populations avant le début de la saison des pluies, qui dure de juillet à novembre, et qui est propice à une flambée des cas de paludisme dans le pays.                          

Alors que l’insécurité régionale continue d’affecter les mouvements de population dans le pays, le PNUD et le Fonds mondial ont lancé cette campagne de distribution afin de venir en aide aux populations les plus vulnérables. L’objectif est de faire en sorte 80% des Tchadiens dorment sous moustiquaire et d’enrayer les décès dus au paludisme d’ici à 2030.

Le paludisme est la principale cause de morbidité et de mortalité au Tchad dont plus de 97% de la population est à risque d’être atteint. Sur les 800 000 cas confirmés rapportés en 2016, plus de 44% sont des enfants de moins de cinq ans et neuf pour cent sont des femmes enceintes. En outre, les nomades, les pêcheurs et les insulaires du lac Tchad font face à un risque accru de contracter le paludisme, de même que 600 000 réfugiés, les rapatriés et les personnes déplacées dans les régions est, ouest, et nord du pays.

 « Les conflits dans les pays voisins et la crise qui s'ensuit dans la région du lac Tchad signifient qu'il y a des millions de personnes dans des zones endémiques au paludisme et qui ne peuvent pas accéder aux cliniques et outils de prévention du paludisme comme les moustiquaires. Avec le Gouvernement du Tchad, le PNUD concentre ses efforts sur les groupes vulnérables, en mettant l'accent sur les femmes enceintes et les enfants » a déclaré Carol Flore-Smereczniak, la Directrice du Bureau du PNUD au Tchad.

La campagne de masse a déjà permis la distribution des moustiquaires sur plus de 4 000 sites et auprès de 2 millions de foyers. De plus, 25 000 personnes ont également été recrutées et formées pour identifier les groupes les plus démunis et les bons sites de distribution. Le contexte national difficile a nécessité la collaboration avec plusieurs partenaires, dont le Programme alimentaire mondial (PAM), pour assurer le succès de la campagne, malgré le manque ou la mauvaise qualité des infrastructures.

« Notre présence sur le terrain et notre expertise logistique nous permettent, en partenariat avec le PNUD, de soutenir le Gouvernement tchadien dans sa lutte contre le paludisme. Grâce à cette campagne majeure, nous allons livrer près de 7 millions de moustiquaires dans les zones les plus reculées » a déclaré Mary Ellen McGroarty, la Directrice du PAM au Tchad.

L’action du PNUD au Tchad est appuyée par le Programme d’appui à la lutte antipaludique au Tchad (PALAT). Les distributions sont également soutenues par une campagne de sensibilisation de masse au bon usage des moustiquaires et à l’adoption d’autres méthodes antipaludiques.

La campagne utilise plusieurs méthodes de  communication pour atteindre les différentes populations : crieurs publics, théâtres, textos, et spots publicitaires à la radio et la télévision. Le PNUD Tchad prévoit également un nouvel effort de mobilisation dans la lutte contre le paludisme en organisant un concours  de sensibilisation au niveau des écoles. Selon le responsable du projet PALAT, ce concours mobilisera enseignants, enfants et par la même occasion les parents.

Le PNUD gère jusqu’en juin 2018 une subvention de 60 millions d'euros du Fond mondial dans le cadre contre le paludisme au Tchad, en partenariat avec le Ministère de la Santé, l’OMS, l’UNICEF, le PAM et les organisations nationales et internationales de la société civile. L'objectif global du programme est de réduire de 50% la morbidité et la mortalité du paludisme.

Il est démontré que l’utilisation des MILDA réduit de 50% l’incidence du paludisme et de 20 % la mortalité chez les enfants. La prévention du paludisme est essentielle pour assurer le développement humain et le progrès vers les Objectifs de développement durable (ODD), en particulier l’ODD 3.

Pour plus d'informations, contacter :

À Ndjamena :
Gaël Olivier, Coordonnateur du PALAT, gael.olivier@undp.org, +235 65 81 89 19
jean Damascene Hakuzimana, Chargé de communication, jean.hakuzimana@undp.org, + 235 65 96 81 56