Discours de Helen Clark lors du lancement du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016

28 août 2016

L'adminstrateur du PNUD Helen Clark lors de la cérémonie de lancement du Rapport sur le développement humain en Afrique 2016. Photo : Yukiko Abe/PNUD

C’est un grand plaisir d’être ici à Nairobi pour le lancement du Rapport sur le développement humain en Afrique élaboré par le PNUD avec le soutien du Japon et de l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA).

Le thème de ce rapport, « Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique », est d’une importance cruciale pour la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies. L’égalité des genres est l’objet central de l’un des dix-sept ODD et il est d’une importance capitale à la mise en œuvre de l’Agenda 2030.

La place de l’égalité des genres dans les programmes de développement africains et mondiaux 

D’ici 2063, l’Afrique aspire à réaliser « l’égalité complète entre les hommes et les femmes dans toutes les sphères de la vie », à « éliminer toutes les formes de discrimination entre les hommes et les femmes dans les domaines sociaux, culturels, économiques et politiques » et à « réaliser la parité entre les hommes et les femmes d’ici 2020 dans les institutions publiques et privées ». Si l’on peut éliminer les disparités entre les genres sur le marché du travail, dans les domaines de l’éducation, de la santé et autres, alors on peut venir à bout de la pauvreté et de la faim. L’égalité des genres représentera une avancée plus pour les garçons et les filles.

Le thème retenu par l’Union africaine pour 2016 est « l’Année africaine des droits de l’homme, avec un accent particulier sur les droits de la femme », dans le prolongement de l’« Année de l’autonomisation des femmes et du développement pour la concrétisation de l’Agenda 2063 » proclamée en 2015. L’Afrique est résolument engagée en faveur de l’égalité des genres et de la concrétisation des droits de la femme. L’une des principales conclusions du Sommet de l’UA qui s’est tenu cette année à Kigali concerne la nécessité de passer de la stratégie à l’action concrète, et le Rapport sur le développement humain en Afrique vise à contribuer à cet objectif.

Principaux messages du Rapport sur le développement humain en Afrique

Ce Rapport sur le développement humain en Afrique porte un regard nouveau sur les progrès des femmes en Afrique et sur la façon de remédier aux écarts qui persistent entre les genres dans le domaine économique, social, environnemental et politique.  

Permettez-moi de souligner certains des principaux messages du rapport : 

•    En premier lieu, un traitement plus concerté de l’égalité des genres devrait agir comme un stimulant important, trop longtemps attendu, pour doper le développement humain et la croissance économique à l’échelle du continent de manière plus rapide et inclusive.
•    Deuxièmement, les politiques et les programmes qui laissent les femmes de côté ou nient leurs droits ne connaîtront jamais le succès à long terme. 
•    Troisièmement, accélérer la concrétisation de l’égalité des genres est une fonction essentielle du gouvernement qui requiert des actions multisectorielles impliquant les administrations nationales et locales, les acteurs non gouvernementaux, les organisations de la société civile et le secteur privé. 
•    Quatrièmement, la prise en compte de la question de l’égalité des genres de manière holistique concorde avec les programmes ambitieux des objectifs de développement durable et de l’Agenda 2063 définis par les États africains et l’ensemble de la communauté internationale pour les prochaines années. 

Le rapport propose de : 

1. Soutenir l’adoption de réformes juridiques, de politiques et de programmes visant à promouvoir l’autonomisation des femmes ;

2. Accroître la participation et le leadership des femmes dans la prise de décisions au sein du foyer, de l’économie et de la société ;

3. Mobiliser les acgteurs pertinents du gouvernement en vue de relever le défi de l'inégalité des genres dans tous les secteurs; 

4. Soutenir les femmes dans leur lutte pour l’acquisition des droits de propriété et de gestion des actifs économiques et environnementaux. 

Le rapport invite également les institutions publiques et privées à s’engager à mettre en œuvre des normes de certification GES (label égalité des genres) du PNUD en Afrique . 

L'engagement du PNUD en vue de l'accélération des progrès en faveur de l'égalité des genres en Afrique

Le PNUD s’engage à accélérer la concrétisation de l’égalité des genres et l’autonomisation économique des femmes en Afrique et dans le monde. Nous sommes fiers des nombreux appuis concrets apportés aux pays de toute l’Afrique dans ce domaine. Permettez-moi d’en citer quelques exemples :

En 2014 et 2015, le PNUD a formé, en République islamique de Gambie, 180 membres de comités forestiers et d’associations de gestion des forêts communautaires à la gestion de pépinières et aux pratiques agroforestières afin de contribuer à régénérer le couvert forestier, minimiser l’érosion des sols, accroître la résilience au changement climatique et créer des emplois. La plupart des bénéficiaires de ce programme ont été des femmes. 

En Guinée, le PNUD a fourni en 2013 un soutien technique et financier à la mise en place de la « case de veille », système d’alerte précoce sur la violence liée au processus électoral. Lors des élections présidentielles de 2015, 2 000 femmes ont participé au système en qualité de contrôleuses. Le PNUD a financé le matériel et les frais d’exploitation et formé les contrôleurs en collaboration avec l’Institut Gorée au Sénégal. Le système de la « case de veille » a permis de résoudre plus de 1 800 cas de violence potentielle, favorisant une hausse de la participation des femmes en tant qu’électrices, candidates et membres des organes de gestion électorale. 

Au Malawi, l’appui technique et financier du PNUD au Malawi Innovation Challenge Fund (MICF) a permis de former 75 000 agricultrices et de les intégrer aux chaînes d’approvisionnement des entreprises participant au projet. Par l’intermédiaire du MICF, le PNUD a permis à ces femmes d’accéder à de nouvelles filières à plus forte valeur ajoutée et de trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits.

En Ouganda, le PNUD a aidé le ministère des Finances, de la Planification économique et du Développement à accéder au financement du FEM et à élaborer et mettre en œuvre un projet de fourneaux communautaires entre 2010 et 2016. Des fourneaux à faible consommation de bois ont ainsi été distribués à 12 000 foyers. Conjugués à d’autres techniques de gestion durable des terres soutenues par le projet, ces efforts ont permis de piéger un total de 700 000 tonnes de dioxyde de carbone jusqu’à présent.

Conclusion

Le PNUD s’engage à encourager l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes dans tous ses domaines de travail à l’avenir. Nous considérons cela comme un élément essentiel de notre soutien aux pays dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et de l’Agenda 2063 pour l’Afrique. La promotion de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en tant qu’axe central des initiatives de développement est l’un des meilleurs moyens d’accélérer les progrès dans la mise en œuvre de ces deux programmes ambitieux. 

L’Union africaine, l’un des plus fervents défenseurs de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes, se trouve en première ligne de ce combat. Le PNUD s’engage à travailler avec l’Union africaine et ses États membres pour faire en sorte que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et l’Agenda 2063 contribuent à une amélioration réelle de la situation des femmes.