Remarques de M. Abdoulaye Mar Dieye à l'occasion de la présentation du Rapport de la mission du Conseil d'Administration du PNUD/UNFPA/UNOPS en Guinée

9 sept. 2016

Abdoulaye Mar Dieye s'adressant au Conseil d'Administration du PNUD. Photo : PNUD

 

Monsieur le Président,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous remercier, Monsieur le Président, de l’opportunité que vous nous avez offerte de commenter les résultats de la visite que le Conseil d’administration  a effectué en Guinée du 10 au 15 Avril 2016.

Permettez-moi de dire, d’emblée, que l’Équipe Pays des Nations Unies, comme l’Équipe des Directeurs Régionaux des Agences des Nations Unies souscrivent totalement aux recommandations du Rapport de la Mission et vont tout mettre en œuvre pour leur exécution intégrale et avec diligence, en particulier celles relatives au renforcement de la programmation conjointe entre agences des Nations Unies et au renforcement de la coordination.

Le choix de la Guinée pour cette visite est d’autant plus pertinent qu’il s’agit là d’un pays qui, comme au demeurant les autres pays de la Région du Fleuve Mano, sort progressivement d’une situation de choc traumatisant imprimé par l’épidémie à virus Ebola.

En effet, la Guinée était sur une trajectoire de croissance économique prometteuse, avec un taux de croissance moyen annuel de l’ordre de 4%, avant le choc Ebola, suivie d’une dépression brutale de la croissance économique qui s’est totalement aplatie en 2015, donc deux ans après, avec un taux de croissance économique de 0.1% .

Aujourd’hui, le pays a amorcé son redressement, avec un taux de croissance projeté par le FMI à 5.2 %, mais partant d’une base affaiblie.

Lors de la Conférence internationale sur le relèvement après l’Ebola, organisée par le Secrétaire général des Nations Unies, en juillet 2015, à New York, la Guinée avait  présenté un Programme de relèvement 2,280 de milliards dollars. À la date d’aujourd’hui, il est estimé que 60% du financement requis est acquis. Il reste encore 895 millions de dollars à percevoir, soit un gap de 40%, pour couvrir la totalité des coûts du programme.

Je voudrais faire écho à la recommandation de la Mission du Conseil d’administration, appelant les partenaires de la Guinée à continuer leur appui financier à la mise en œuvre du programme de redressement post-Ebola.

Ebola nous a appris, tristement mais opportunément, une leçon clé en matière de développement à savoir : « Croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie ». C’est pourquoi l’ensemble du système Nations Unies en Afrique, va investir massivement dans la résilience des économies, des institutions et des sociétés.

Je saisis l’occasion pour vous informer que le PNUD aide actuellement la Guinée à mettre en place un Fonds National de Relance et de Résilience post-Ebola. Ce Fonds sera lancé, en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 22 septembre 2016, avec le parrainage de la Belgique, et sous la présidence effective du Président de la République de Guinée. Le Fonds a pour objet non seulement de recueillir des ressources additionnelles, mais aussi d’appuyer la Guinée à renforcer sa capacité d’absorption et à améliorer la gestion des ressources mises à disposition.

Le Fonds ciblera principalement des programmes relatifs à l’emploi des jeunes, l’entreprenariat féminin, la protection sociale, l’eau et l’assainissement, la santé, la prévention des crises, la cohésion sociale et la résilience. Comme vous le constaterez donc, ces priorités sont en parfaite congruence avec les recommandations programmatiques de la Mission du Conseil d’administration.

Le rapport du Conseil d’administration note la grande confiance que le Gouvernement accorde à l’Equipe pays des Nations Unies, sous le leadership du Coordonnateur Résident. Nous voudrions souscrire à cette appréciation.

Je voudrais conclure en vous informant que l’Équipe de pays appuie le Gouvernement guinéen dans la préparation du Plan national de Développement Socio-économique 2016-2020, avec une attention toute particulière à la domestication des Objectifs de Développement Durable dans un contexte d’état fragile post-crise. Cette approche répond parfaitement à la recommandation du Conseil d’administration de continuer à intensifier les appuis en matière de prévention des conflits, de consolidation de la paix, de cohésion sociale et de résilience. Cet exercice qui orientera aussi le prochain UNDAF, est une occasion de renforcer la cohésion de l’Équipe pays, dans l’esprit des recommandations de la Mission du Conseil d’administration.

Je vous remercie.