Remarques de Abdoulaye Mar Dieye lors de la Présentation du Fonds National de Relance et de Résilience Post-Ebola en Guinée

22 sept. 2016

Abdoulaye Mar Dieye aux côtés du Président de la République de Guinée Alpha Condé et du Vice-Premier Ministre de Belgique Alexander De Croo. Photo: James Neuhaus/PNUD

New York, 22 septembre 2016

Monsieur le Président de la République de Guinée, Professeur Alpha Condé,

Monsieur le Vice-Premier du Royaume de Belgique, et Ministre de la Coopération au développement, de l'Agenda numérique, des Télécommunications et de la Poste, M. Alexander de Croo,
 

Excellences, Mesdames et Messieurs,

 

Je voudrais vous remercier, Monsieur le Président, de l’opportunité qui nous est offerte de participer à cette conférence de presse.

 

Permettez-moi, au nom du Système des Nations Unies, et de l’Administrateur du PNUD en particulier, de saluer votre leadership et votre engagement personnel dans la lutte contre le virus Ebola ; lutte qui a culminé le 1er Juin 2016 à la déclaration de la fin de l‘épidémie et le 31 août 2016, à la fin de la surveillance.

 

La Guinée se redresse progressivement d’une situation de choc traumatisant imprimé par l’épidémie à virus Ebola. Aujourd’hui, le pays renoue avec la croissance économique, avec un taux projeté par le FMI à 5,2 %.

 

Lors de la Conférence des Donateurs, organisée par le Secrétaire General des Nations Unies, en juillet 2015, à New York, la Guinée avait présenté un Programme de Redressement post-Ebola de 2,280 milliards de US $. Près de 30% de ce montant étaient alors déjà acquis avant la tenue de la conférence. Une enveloppe additionnelle de 714 millions de US $ (soit près de 30%) était promise lors de la Conférence. Aujourd’hui, 705 million US $ de ces promesses sont honorées (soit un taux de réalisation des promesses de 95%). Il reste encore, pour couvrir la totalité des couts du programme, un gap de financement de 40%.

 

Je voudrais encore une fois saluer l’élan de solidarité de la communauté internationale pour venir à bout de cette pandémie qui a injustement agressé notre âme collective. Et la Belgique a été aux avant-postes dans cette lutte.

 

Mesdames messieurs,

 

Ebola nous a rappelé, tristement mais opportunément, un axiome clé en matière de développement, à savoir : « Croissance sans résilience n’est que ruine de l’économie » ; presque paraphrasant François Rabelais.

 

Je voudrais, dans cette perspective, me féliciter du projet de mise en place, par le Gouvernement, d’un Fonds d’affectation spéciale (Trust Fund) pour le redressement post-Ebola avec, précisément, une forte tonalité sur le thème de la résilience.

 

Le Fonds ciblera principalement des programmes relatifs à l’emploi des jeunes, l’entreprenariat féminin, la protection sociale, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la santé, la prévention des crises, la gouvernance et la cohésion sociale.

 

Ces priorités sont au demeurant en parfaite congruence avec les recommandations programmatiques de la Mission du Conseil d’Administration du PNUD, d’UNFPA et d’UNOPS qui a récemment séjourné en Guinée. Et ces priorités viennent en appui à l’ambition toujours intacte et réaffirmée du pays de renouer avec sa trajectoire d’émergence.

 

Nous tenons à féliciter le gouvernement pour avoir mené à bien un intense travail de préparation qui leur permet aujourd’hui de présenter un cadre programmatique convaincant et un outil de mise en œuvre adapté au contexte local.

 

Ce Fonds, qui permettra de réduire, voire combler le gap de financement du programme de redressement post-Ebola, s’exécutera dans le cadre des principes du New Deal, de la Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide et du Programme d’action d’Accra. Il apportera une plus-value certaine en termes de cohérence et de coordination. Il assurera une transparence accrue et une forte capacité d’absorption des fonds mobilisés au titre de la solidarité internationale, par une adhésion complète aux standards internationaux en matière de gestion financière et de gouvernance.

 

Je voudrais conclure en invitant les partenaires au développement à contribuer au financement du Fonds et je réitère l’engagement total du Système de Nations Unies, et plus singulièrement le bureau du MPTF du PNUD, à accompagner la Guinée dans la mise en œuvre de ce programme.

 

Je vous remercie.