Lorsqu’il n’est pas fondé sur la dimension de genre, le développement est menacé, écrit Angela Lusigi.

Il est vrai que « l’égalité des genres est plus qu’un objectif en soi. C’est une condition préalable pour relever le défi de la réduction de la pauvreté, promouvoir le développement durable et établir la bonne gouvernance » (Kofi Annan). Le 28 août 2016, le Président du Kenya Uhuru Kenyatta dévoilait le Rapport sur le développement humain en Afrique 2016, intitulé Accélérer les progrès en faveur de l’égalité des genres et de l’autonomisation des femmes en Afrique , en présence de 14 chefs d'État et de gouvernement ainsi que des ministres africains spécialement réunis à cette occasion à Nairobi.

Publié par le PNUD, ce rapport qui a bénéficié de la contribution du prix Nobel de la Paix 2011 Leymah Gbowee ainsi que du soutien du Japon et de l’Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) a appelé l’Afrique à promouvoir le développement humain durable en faisant de l'égalité entre hommes et femmes une réalité effective.

Lorsqu’il n’est pas fondé sur la dimension de genre, le développement est menacé

Nous savons que l'égalité de genre ainsi que l'autonomisation de toutes les femmes et les filles est au cœur de la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et de l’Agenda 2063 de l’Afrique. En 2014, l’Afrique a perdu quelque 105 milliards de dollars US en raison des seules disparités hommes-femmes sur le marché du travail, soit l’équivalent de près de 6 % de sa production totale.

Quatre grands axes interconnectés permettraient d’accélérer la concrétisation de l’égalité entre hommes et femmes sur le plan du développement humain.  Tout d’abord, il importe de mener à bien les réformes juridiques existantes pour renforcer l’égalité entre les genres et faire participer les femmes à la prise de décisions à tous les niveaux, en particulier dans la résolution des conflits et la consolidation de la paix où elles sont cruellement sous-représentées. En outre, il convient d’éliminer les institutions sociales qui encouragent des pratiques de santé et d’éducation discriminatoires à l’égard des femmes et assurer à ces dernières un accès équitable aux ressources économiques, financières et naturelles.

Le PNUD collabore avec des institutions publiques, privées et multilatérales au niveau national, régional et mondial pour mettre en œuvre ce plan d'action. Des expériences réussies dans ce domaine ont été menées en Ouganda où 41 entreprises privées se sont dotées de la certification Label Égalité des sexes afin de promouvoir l'égalité de genre sur le lieu de travail grâce à l’adoption de normes favorisant l'égalité des chances.

En 2018, au moins 34 pays à travers le continent ont mis en œuvre des actions concrètes en faveur des femmes, destinées à : favoriser la création d’emplois et l’accès au financement et aux marchés (Guinée-Bissau, Soudan du Sud, Tanzanie et 9 autres pays) ; renforcer la participation à la gouvernance, à la cohésion sociale et à l'accès à la justice (31 pays) ; et améliorer l'accès équitable à des services publics de qualité (Burkina Faso, République centrafricaine, Gambie, Lesotho, Sao Tomé-et-Principe et Ouganda).  

L'égalité des genres en tant que thème central de la planification du développement durable

Notre prochain rapport sur la réduction des disparités entre les genres en matière de main-d'œuvre et de ressources productives en Afrique, à paraître sous le titre Closing Gender Gaps in Labour and Productive resources in Africa, présente les réussites, les lacunes et les options de politique concernant l’amélioration de l'accès des femmes à des emplois gratifiants et à la propriété des ressources productives.

Trois faits principaux émergent. Les causes profondes des disparités entre les genres en matière de main-d’œuvre et d’accès aux actifs productifs pour les femmes africaines sont la discrimination légale persistante, les normes et stéréotypes sexistes négatifs et la charge démesurée qui pèse sur les femmes en matière de soins. Les perceptions négatives, les attitudes et les rôles de genre historiquement transmis en termes de limitations des opportunités d'éducation, d’emploi et de profession signifient que les femmes ont moins de chances que les hommes de décrocher des emplois décents. Cela implique également qu’elles devront assumer plus de responsabilités familiales, ménagères et de soins non rémunérées.

D'une part, il y a relativement plus de femmes africaines présentes sur le marché de travail que dans d'autres régions du monde. Près de 7 femmes sur 10 en Afrique subsaharienne sont intégrées à la population active contre 6 sur 10 en Amérique du Nord, 5 sur 10 en Europe, en Asie et dans le Pacifique. Pourtant, beaucoup d'entre elles exercent un travail informel, mal rémunéré et peu productif puisque 76 % de femmes occupant un emploi travaillent en dehors du secteur non agricole formel, contre 59 % en ce qui concerne les hommes.

L'égalisation des chances sur le lieu de travail ainsi que l'élimination de l'exclusion et des obstacles qui limitent l'accès des femmes aux actifs productifs élargiraient les choix de vie tant pour les femmes que pour les hommes et transformeraient le visage de l'Afrique.  Une proportion égale de femmes et d'hommes dans la population active, un accès équitable au travail rémunéré et le même niveau de productivité pourraient augmenter le PIB de l'Afrique de 3 à 16 %. Ce sont précisément les pays qui présentent les plus grands écarts entre les genres qui ont le plus à gagner dans ce processus.

Si les femmes et les hommes effectuaient la même charge de travail en matière de soins non rémunéré, les femmes gagneraient presque deux heures par jour qu’elles pourraient consacrer aux loisirs, au travail productif et à la vie de la communauté. Quelle meilleure façon que celle-ci pour réduire la pauvreté, promouvoir le développement durable et instaurer une bonne gouvernance ?

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