Le Maroc a lancé sa transition énergétique dès 2009, aujourd'hui, plus de 3 500 MW d'énergies renouvelables sont installés. Photo : @PNUD Maroc


Alors que les pays africains effectuent une transition vers un développement à faible empreinte carbone, l’engagement du secteur privé gagne de l’importance.

Dans le cadre de l'Accord de Paris, le royaume du Maroc a fait preuve d'un leadership fort dans la lutte contre le changement climatique grâce à une implication remarquable de son secteur privé. Un certain nombre de facteurs ont contribué à ce succès :

  • une vision stratégique claire. Le Maroc a lancé sa transition énergétique dès 2009. Le secteur de l'énergie représente les deux tiers des émissions de CO2 du pays avec des combustibles fossiles importés presque dans leur totalité. Aujourd'hui, plus de 3 500 MW d'énergies renouvelables sont installés, réduisant de près de 90% la dépendance du pays aux énergies fossiles. Suivant l'accord de Paris, le Maroc a immédiatement intégré ses objectifs climatiques dans une stratégie globale visant à réduire les émissions de carbone en prenant soin de positionner le secteur privé dans sa mise en œuvre.

  •  des réformes législatives et réglementaires. Par exemple, la loi 13.09 sur le développement des énergies renouvelables permet aux entreprises d'autoproduire leur énergie jusqu'à 50 MW et leur donne la possibilité de vendre le surplus à l'Office national de l'électricité et de l'eau. De plus, les centrales privées d'énergie renouvelable sont désormais libres de vendre leur électricité directement aux consommateurs.
  • des opportunités commerciales à faible émission de carbone. Le plan climatique du Maroc appelle au développement de nouvelles solutions plus respectueuses de l’environnement. Il présente une opportunité pour les entreprises de diversifier leurs produits et services, tout en créant de la valeur locale et des emplois pour la communauté. S'engager dans la mise en œuvre des Contributions Déterminées au niveau National (CDN) peut représenter une opportunité commerciale pour les entreprises concernées.
  • une mobilisation efficace des acteurs du secteur privé. L’effort du Maroc pour accroître la sensibilisation et la capacité des entreprises sur les questions climatiques a commencé il y a plus de 20 ans à travers la Confédération générale des Entreprises du Maroc (CGEM). Cet engagement a été renforcé par l’organisation par le Maroc de la Conférence des Parties (COP 22) en 2016, qui a facilité une forte mobilisation du secteur privé autour de l’Accord de Paris.

Avec la stratégie marocaine à l’égard de son secteur privé comme source d’inspiration, un échange de deux jours entre le Maroc et le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Togo et la Tunisie a été organisé à Casablanca par le Partenariat des CDN et le Programme d'appui aux CDN du PNUD. La réunion a aussi présenté d’autres options pour intégrer plus étroitement le secteur privé africain dans la transition énergétique, notamment :

  • l’accès au financement pour les petites et moyennes entreprises (PME). L'un des principaux obstacles à l'engagement du secteur privé dans des projets à faible émission de carbone est le manque d'accès au financement. Lorsque le financement existe, il est souvent conditionné par de grandes garanties contre lesquelles les entreprises, en particulier les PME, se sentent impuissantes. Le Fonds africain de garantie (AGF) peut faciliter l'accès au financement en accordant des garanties de prêt partielles aux banques et autres institutions financières pour le compte de ces PME. Une banque qui a l'intention de prêter aux PME peut faire directement appel à l’AGF pour obtenir une garantie allant jusqu'à 50% pour les prêts traditionnels et 75% pour les prêts respectueux du climat, soit un maximum de 5 millions USD. AGF compte actuellement 140 partenaires bancaires en Afrique.
  • le renforcement des capacités des PME. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) apporte son soutien via son Centre régional de collaboration (résultat d'un partenariat entre la BOAD et la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques [CCNUCC]). Des discussions sont en cours avec le Fonds vert pour le climat pour établir comment les ressources publiques peuvent être utilisées pour mettre en place les garanties nécessaires pour attirer le secteur privé. La banque dispose également d'un outil pour aider les entreprises à identifier les ressources financières. Elle collabore avec les chambres de commerce et les associations professionnelles pour populariser cet outil et propose des financements aux entreprises de toutes tailles. Enfin, elle assiste les pays dans la révision de leurs CDN, l'amélioration de leurs cadres institutionnels et réglementaires, la tarification du carbone, la structuration des obligations vertes et des cadres de transparence.
  • la coproduction de solutions à faible empreinte carbone. Le succès du Maroc dans la transition énergétique est aussi dû aux décisions prises en amont et en concertation avec le secteur privé. D'autres pays, comme la Côte d'Ivoire, suivent la même trajectoire. Selon la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI), le gouvernement ivoirien associe le secteur privé à toutes les initiatives en matière d'énergies renouvelables et partage ses stratégies de développement à court et à long terme. Par exemple, en réponse aux objectifs du gouvernement en matière d’efficacité énergétique, la CGECI a organisé un Forum sur l’efficacité énergétique pour partager des informations et des opportunités commerciales avec les entreprises.

L'expérience marocaine et le soutien offert par les institutions financières montrent qu'il y a un vrai potentiel pour l'engagement du secteur privé dans la transition vers un développement à faible empreinte carbone en Afrique.

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