Le nouveau tramway électrique va améliorer le transport public du pays tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Photo: PNUD Ile Maurice


Au-delà de la crise sanitaire, l’Ile Maurice risque d’être sévèrement impactée par la crise économique causée par le COVID-19. Tout comme les autres petits États insulaires, l’économie de Maurice dépend énormément du tourisme et de l’importation de marchandises. Or ces deux secteurs sont particulièrement mis à mal par les restrictions liées à la pandémie.

L’Ile Maurice dépend également de l’importation d’énergies fossiles pour faire fonctionner son économie. Ces dernières fournissent 84% des besoins énergétiques premiers du pays. Le secteur énergétique représente quant à lui 62% des émissions de gaz à effet de serre de l’île.

Pour diminuer tant cette dépendance aux énergies fossiles importées que ses émissions, le gouvernement a fixé d’ambitieux objectifs climatiques selon les accords de Paris.

Le pays envisage 35% d’énergies renouvelables dans son mix énergétique d’ici 2025, contre 18.4% en 2018. Pour ce faire, l’Ile Maurice s’est lancée dans une profonde transition vers une économie sobre en carbone. Avec le soutien du PNUD, de l’Agence Française de Développement et du Green Climate Fund, le gouvernement s’emploie à augmenter sa part de renouvelables tout en renforçant le réseau électrique existant.

Une centrale thermique dans la capitale du pays, Port Louis. © PNUD Ile Maurice


La crise économique causée par le COVID-19 vient confirmer l’urgence des objectifs climatiques de l’Ile Maurice. Maurice et les autres petits Etats insulaires ont désormais l’opportunité de redémarrer leur économie en amoindrissant leur dépendance au carbone.

La transition énergétique entamée par l’Ile Maurice avant la pandémie peut également lui permettre de relever son économie de la crise du COVID-19 de trois manières.

1. Les énergies propres créent des emplois et peuvent réduire la pauvreté

La production, installation, et maintenance des équipements d’énergies renouvelables telles des panneaux solaires, batteries, ou encore éoliennes créent de l’emploi. En 2018, un nombre record de 11 millions de personnes dans le monde travaillaient dans le secteur des énergies renouvelables. L’agence internationale des énergies renouvelables IRENA estime que cela pourrait s’élever à 42 millions de personnes d’ici 2050.

Avec le soutien du PNUD, le pays a établi MARENA, l’Agence Mauricienne des Énergies Renouvelables, et la URA, l’Autorité de Régulation des services publics de l’Énergie afin de faciliter les investissements dans les énergies renouvelables.

Mais l’accès aux énergies propres va au-delà de la création d’emplois. Cela amène de multiples bienfaits en termes climatiques mais également en termes de développement, et qui aideront Maurice à faire face au COVID-19

Cela peut par exemple renforcer les systèmes de santé en fournissant de l’électricité stable aux centres de santés. Cela permet également l’utilisation des moyens de communication moderne, et donc l’accès à l’information et à l’éducation en ligne, rendant ainsi les politiques de distanciation sociale viables pour tous.

Afin d’amener de l’énergie propre, bon marché et fiable là où les communautés locales en ont besoin, ce projet va également déployer 25 MW d’énergie solaire, dont un petit système hors réseau sur l’île d’Agalega.

Un parc solaire à Henrietta. Photo: PNUD Maurice / Stephane Bellerose


2. L’Ile Maurice a besoin des énergies propres pour atteindre ses objectifs climatiques, et pour s’adapter aux impacts du changement climatique.

La crise climatique reste une urgence mondiale, et les petits États insulaires sont en première ligne. Les cyclones, pluies torrentielles et inondations, de plus en plus fréquents et sévères, affectent les moyens de subsistances des habitants de certaines parties de l’île.

Les énergies propres peuvent fournir des solutions peu onéreuses et durables pour aider ces communautés à s’adapter aux impacts du changement climatique, et à se relever après la crise du COVID-19.

L’Ile Maurice s’est également engagée à faire partie de la Promesse Climatique du PNUD, et le développement des énergies renouvelables va être central à l’amélioration de ses contributions nationales déterminées (CDN).

Le projet de transition énergétique du pays devrait grandement contribuer à la réalisation de ces objectifs. L’impact estimé de ce projet est une réduction de 4.3 millions tCO2e, grâce aux investissements facilités dans les énergies renouvelables.

 

Alors que le momentum pour réformer les subventions aux énergies fossiles s’accroit, il est pertinent de continuer la dé-carbonisation de l’économie. Photo: UNDP Mauritius / Stephane Bellerose


3. Les énergies propres améliorent la sécurité énergétique des petits États insulaires

Pour des États insulaires tels que l’Ile Maurice, avoir la capacité de produire sa propre énergie est capitale pour sa sécurité énergétique. La volatilité des prix du pétrole cause des chocs dans le système énergétique global, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses. Alors que le momentum pour réformer les subventions aux énergies fossiles s’accroit, il est pertinent de continuer la dé-carbonisation de l’économie.

Dans l’après COVID-19, une électricité stable sera cruciale pour soutenir la reprise économique. C’est pourquoi une des composantes de ce projet est un Code du Réseau National qui assurera que le réseau soit fiable et viable économiquement.

La reprise économique sera difficile. Mais les petits États insulaires ont également là une réelle opportunité de redémarrer leur économie et réduire leur dépendance aux énergies fossiles en investissant dans les énergies propres. L’ambitieuse transition énergétique entamée par l’Ile Maurice avant la pandémie montre la voie en avant pour un avenir plus sain et plus juste pour tous.

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