Photo: PNUD Sierra Leone


Les gouvernements africains consacrent de plus en plus de ressources nationales à la protection sociale et mettent en œuvre davantage de programmes d’assistance sociale au profit de leurs citoyens pauvres et vulnérables. Tel est le constat établi par un nouveau rapport sur le statut de la protection sociale en Afrique publié aujourd’hui par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Union africaine (UA), en collaboration avec l’Organisation internationale du travail (OIT), la Commission économique pour l’Afrique (CEA) et UNICEF.

Le rapport, intitulé The State of Social Assistance in Africa (en anglais), a été lancé en parallèle à une plateforme de données en ligne, en marge de la 74e Assemblée générale des Nations Unies. Il fournit des informations sur la croissance récente de l’assistance sociale vue sous le prisme de trois dimensions essentielles : les cadres juridiques, les institutions et les financements.

« L’Union africaine accorde une grande attention à la protection sociale en encourageant ses États membres à mettre en application divers traités et politiques publiques. Nous élaborons actuellement un protocole additionnel à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des citoyens à la protection sociale et à la sécurité sociale, qui devrait être adopté par les États membres au courant de cette année et qui, une fois ratifié, deviendra juridiquement contraignant. En effet, nous considérons la protection sociale comme une mesure globale destinée à préserver les individus des crises de la vie quotidienne qui limitent leur capacité à répondre à leurs besoins », a déclaré Mme Amira Elfadil Mohammed Elfadil, Commissaire aux Affaires sociales de l’Union africaine.

Mme Elfadil Mohammed Elfadil  a par ailleurs insisté sur le fait que l’Afrique prenait les devants dans la promotion et la protection des droits de l’homme et des peuples à travers le monde entier, comme le préconise l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

Les nouvelles données remettent en question les idées reçues à propos du financement de la protection sociale. Le rapport montre que les financements nationaux consacrés à la protection sociale sont en moyenne supérieurs à ceux des partenaires de développement.

À titre d’exemple, entre 2013 et 2015, les contributions nationales à des programmes de transferts monétaires ont triplé en Zambie et doublé au Rwanda, au Kenya et au Ghana. Selon le rapport, les pays africains les plus dépensiers consacrent en moyenne environ 16 000 dollars US par an à l’assistance sociale pour chaque personne pauvre. Les résultats montrent que l’assistance sociale fournie par l’État, notamment les programmes de transferts monétaires, de transferts alimentaires et de travaux publics, devient un moyen d’action des pouvoirs publics pour lutter contre la pauvreté et la vulnérabilité, un nombre croissant de ces programmes passant du stade de projets temporaires de petite envergure à celui de programmes permanents.

Les données montrent par exemple qu’entre 2010 et 2015, quarante-trois (43) nouveaux programmes d’assistance sociale ont été mis en place en Afrique — soit un nombre plus élevé au cours de cette demi-décennie que durant les décennies précédentes.

« Je salue le fait que la plupart des pays africains consacrent davantage de ressources nationales à la protection sociale. Cette démarche est essentielle pour mettre fin à la pauvreté et aux inégalités sur le continent », a indiqué Ahunna Eziakonwa, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Afrique.

Le rapport indique également une évolution positive concernant la légalisation et l’institutionnalisation de la protection sociale. Les données révèlent que de nombreuses constitutions nationales consacrent la protection sociale comme un droit que l’État se doit de faire respecter, et de plus en plus de lois sont adoptées qui traduisent cette aspiration à un droit « opposable ». Au cours des 10 dernières années, environ la moitié des pays africains ont adopté une stratégie ou une politique de protection sociale, et plusieurs d’entre eux ont créé des ministères de tutelle ou des organes de coordination de la protection sociale.

Mais le nouveau rapport relève également des difficultés. Si les financements intérieurs augmentent, cette augmentation doit être considérablement plus importante. Par exemple, les pays les moins dépensiers ne consacrent que 4 dollars par an et par habitant, un montant qui inclut les charges administratives liées à la gestion des programmes de protection sociale. Le rapport préconise par conséquent un recouvrement des impôts plus efficace, l’élargissement de l’assiette fiscale grâce à une imposition progressive et à la réduction des flux financiers illicites, ainsi que des stratégies visant à accroître la capacité de l’État à financer l’assistance sociale en Afrique.

Le rapport plaide également pour le renforcement des systèmes nationaux de protection sociale, considérés comme un moyen d’éliminer la pauvreté, de diminuer la vulnérabilité et de traduire dans les faits l’engagement de « ne laisser personne de côté », conformément aux ODD et à l’Agenda 2063. Les recommandations du rapport soulignent en particulier la nécessité de renforcer les capacités dans des domaines tels que la cohérence des politiques publiques, la coordination et le suivi et l’évaluation, appelant les partenaires de développement à s’engager à renforcer leurs capacités à long terme.

On retrouvera dans le rapport une section consacrée aux profils de pays comportant des informations et des données essentielles sur l’assistance sociale contemporaine dans tous les pays africains. Le rapport et la plateforme de données en ligne visent à favoriser une meilleure compréhension de l’assistance sociale fournie par les États pour éclairer les politiques publiques et les pratiques en la matière, contribuer à la collaboration Sud-Sud, et à des fins de recherche et de plaidoyer.

Le rapport intégral (en anglais) peut être téléchargé ici et la plateforme de données en ligne est accessible à l’adresse http://social-assistance.africa.undp.org/

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