Les deux derniers rhinocéros blancs du nord au monde à l'Ol Pejeta Conservancy, au Kenya. Les zones de conservation, fortement dépendantes des revenus du tourisme, doivent maintenant trouver différentes façons de faire face en raison de l'impact du COVID-19. Photo: GlobalGuardian / Shutterstock.com


Les parcs nationaux du monde entier ont énormément souffert de la perte de revenus due au COVID-19. Des lieux emblématiques, comme Yellowstone, le Serengenti, Kruger Park ou encore la Grande Barrière de Corail sont totalement ou partiellement fermés, ou privés de leurs visiteurs habituels.

Le Costa Rica a perdu 30% de ses revenus pour les zones de conservation et environ 100 000 emplois. Les zones de conservation, fortement dépendantes du tourisme, doivent maintenant trouver des moyens de financement alternatifs.

C'est particulièrement vrai pour les milliers de gardes forestiers et les communautés locales qui luttent pour la sauvegarde des derniers pandas, rhinocéros, jaguars et autres espèces menacées qui constituent également une importance source de revenus.

Des analyses récentes ont montré que si l’objectif de couvrir 30% de la planète avec un système de zones protégées était atteint, cela pourrait générer entre 64 et 454 milliards de dollars américains de recettes supplémentaires d’ici 2050, tandis que les pertes économiques évitées en raison du changement climatique, de la perte de sol et des dommages causés par les ondes de tempête côtières (qui se produiraient si ces ressources étaient utilisées à d’autres fins ), représenteraient entre 170 à 534 milliards de dollars américains par an.

Les investissements dans la nature peuvent également contribuer à prévenir de futures pandémies, celles-ci étant fortement liées à la perte des habitats naturels, ce qui augmente les chances que les virus zoonotiques se propagent à de nouveaux hôtes. Investir environ 260 milliards de dollars sur 10 ans, soit 2% des 11,5 billions de dollars américains que le COVID-19 devrait coûter à l’économie mondiale, réduirait considérablement les risques d’une autre pandémie de l’ampleur de celle du coronavirus, estiment les chercheurs. Les dépenses consacrées à la protection de la faune et des forêts seront pratiquement compensées grâce aux gains réalisés en matière de séquestration du carbone.

Le PNUD, dans le cadre de L’Initiative pour la finance de la biodiversité (BIOFIN), a lancé une campagne intitulée « Keep conservation heroes in their jobs » (Gardons à leur poste les héros de la protection des animaux), pour soutenir les communautés locales et les gardes forestiers qui ont perdu leurs revenus à cause de la pandémie du COVID-19.

La première campagne a été lancée aux Philippines, pour soutenir la conservation d’un buffle nain peu connu, appelé le Tamaraw. Il n’en reste plus que 480, ce qui le rend officiellement en danger critique d’extinction. Ils ne vivent que sur l'île de Mindoro, dans le Parc national des Monts Iglit-Baco. Ils survivent grâce aux efforts exemplaires des gardes forestiers et des gardiens locaux qui protègent les derniers troupeaux contre le braconnage, la chasse et la conversion de leur habitat naturel à d’autres usages, tels que l’agriculture. La population des tamaraws s’est légèrement redressée ces dernières années après la création du parc, bien qu’elle reste l’une des espèces les plus menacées au monde.

Les gardes forestiers sont maintenant eux-mêmes menacés par l’émergence de la pandémie du COVID-19. Comme partout ailleurs dans le monde, le tourisme s’est arrêté, le parc a fermé et leurs revenus se sont pratiquement épuisés.

Fernando Salonga, un garde forestier de Mangyan déclare : « Je dois continuer mon travail de garde forestier, sinon les chasseurs vont s’introduire dans le domaine des tamaraws. En tant que ‘taw-build’, nous avons vécu toute notre vie avec les tamaraws à Monts Iglit-Baco, donc je continuerai à faire mon travail. Soyez bénis, vous tous qui nous ont aidés et qui continuent à nous aider, nous les gardes forestiers. Les dons que nous recevons pendant cette période cruciale sont très importants pour nous ».

À ce jour, plus de 80 contributeurs ont déjà répondu à cet appel à l’aide et ont fait un don de 11 474 dollars, soit environ la moitié du montant requis. Tout le monde peut soutenir cette cause en faisant un don ici ou en partageant cette campagne sur les réseaux sociaux.

Plusieurs autres campagnes de crowdfunding seront menées au cours des prochains mois : soutenir un zoo en Georgie, fournir de l'argent aux conducteurs de bateaux en Thaïlande, promouvoir la reforestation au Costa Rica et aider à la préservation de la nature exceptionnelle des îles Galapagos en Équateur.

« Le Crowdfunding ne consiste pas seulement à collecter des fonds, mais aussi à mobiliser une communauté pour soutenir une cause commune, à sensibiliser et à motiver les communautés locales », explique Marina Petrovic, de l’AlftFinLab du PNUD, qui est l’une des principales partenaires et conseillères de la campagne.

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